Paris-Rabat. Des causeries religieuses diligentées par le Roi Mohammed VI durant le Ramadan aux conférences de carême du Temps Pascal : un axe cultuel intéressant.

Publié le 15 Juin 2017

La Koutoubia de Marrakech où le roi Mohamed VI vient prier lors de ses séjours dans l'antique capitale des Almohades. l'Emir Abd el Kader et le R.P Riquet instigateurs historiques du dialogue inter-religieux et le Cheikh Muhammad Vâlsan à mes côtés : combattre l'obscurantisme et l'intolérance latents.
La Koutoubia de Marrakech où le roi Mohamed VI vient prier lors de ses séjours dans l'antique capitale des Almohades. l'Emir Abd el Kader et le R.P Riquet instigateurs historiques du dialogue inter-religieux et le Cheikh Muhammad Vâlsan à mes côtés : combattre l'obscurantisme et l'intolérance latents.La Koutoubia de Marrakech où le roi Mohamed VI vient prier lors de ses séjours dans l'antique capitale des Almohades. l'Emir Abd el Kader et le R.P Riquet instigateurs historiques du dialogue inter-religieux et le Cheikh Muhammad Vâlsan à mes côtés : combattre l'obscurantisme et l'intolérance latents.
La Koutoubia de Marrakech où le roi Mohamed VI vient prier lors de ses séjours dans l'antique capitale des Almohades. l'Emir Abd el Kader et le R.P Riquet instigateurs historiques du dialogue inter-religieux et le Cheikh Muhammad Vâlsan à mes côtés : combattre l'obscurantisme et l'intolérance latents.La Koutoubia de Marrakech où le roi Mohamed VI vient prier lors de ses séjours dans l'antique capitale des Almohades. l'Emir Abd el Kader et le R.P Riquet instigateurs historiques du dialogue inter-religieux et le Cheikh Muhammad Vâlsan à mes côtés : combattre l'obscurantisme et l'intolérance latents.

La Koutoubia de Marrakech où le roi Mohamed VI vient prier lors de ses séjours dans l'antique capitale des Almohades. l'Emir Abd el Kader et le R.P Riquet instigateurs historiques du dialogue inter-religieux et le Cheikh Muhammad Vâlsan à mes côtés : combattre l'obscurantisme et l'intolérance latents.

 

Chaque temps de Ramadan est en particulier marqué par les causeries religieuses du mois sacré, placées sous la présidence effective du Roi Mohammed VI.

Des moments forts auxquels sont invités à participer d’éminents spécialistes et théologiens.

Un peu à l’instar de la France avec les conférences réputées de Carême dont certaines, il y  quelques années, ont marqué les mémoires.

Celles notamment du Révérend Père, Michel Riquet, qui se distingua par ses prêches lors d’une période particulièrement compliquée sur le plan politique.

Parmi les thèmes spécifiques, on retiendra les approches théologiques des trois confessions traitées hors le syncrétisme (fusion de plusieurs doctrines différentes) et l'on sait aussi à ce sujet, depuis le règne de l’empereur Constantin, que la dualité entre juifs et chrétiens n’était pas une mince affaire.

Pourtant, le Père Riquet - qui, lors de la deuxième guerre mondiale, après avoir été arrêté par la Gestapo fut déporté à Manthausen puis à Dachau -  était à même, par son expérience et surtout son vécu, d’ouvrir la voie du dialogue inter-religieux.

Une tentative de rapprochement qui ne concernait pas seulement les juifs et les chrétiens mais aussi les musulmans et à laquelle s’associèrent des personnalités d’exception tels André Chouraqui, le Père Danielou, Si Hamza Boubakeur et, bien entendu, le Père Michel Riquet.

Durant une dizaine d’années la voix, reconnaissable entre toutes, de cet homme de conviction animé d’une foi exemplaire, au charisme remarquable, captivera les foules de croyants mais aussi de non-croyants, sous la nef de style gothique de la mythique cathédrale Notre Dame de Paris.

Le Père Riquet compléta sa mission de rapprochement en effectuant de nombreux voyages au Maghreb et en Amérique latine.

LA VOIE DE LA VERITE

Aujourd'hui, l'extrait choisi d’une conférence du Cheikh Muhammad Vâlsan – spécialiste de l’Emir Abd el Kader – invité privilégié du Roi Mohammed IV à Rabat lequel préside à cet échange cultuel de grande qualité, introduit opportunément le propos du moment. 

En ces temps de déchirements communautaires, un signe également sinon une fenêtre entrouverte par des hommes de bonne volonté soucieux de combattre l’obscurantisme et l’intolérance latents.

Selon Muhammad Vâlsan, l’Emir a insisté sur l’importance d’une juste compréhension des idées à partir d’une bonne connaissance des mots qui leur donnent voix.

En effet, dans sa Lettre aux Français, l’Emir écrit :

« Si un aspirant à la Voie de la Vérité (Tarîq al-Haqq) venait à moi avec une connaissance parfaite de ma langue, je lui donnerais accès à cette Voie sans peine, et ce, non pas parce qu’il adopterait mon avis mais bien parce que la Vérité lui apparaîtrait et qu’il la reconnaîtrait nécessairement [de lui-même] ».

Lui (l'Emir) qui ne conçut jamais la puissance qu’il détenait comme réellement sienne savait que le pouvoir opératif de persuasion est inhérent aux termes de la langue sacrée dont il usait pour se faire entendre. Mais il faut pour cela un préalable : que l’auditeur jouisse d’une bonne écoute.

C’est sans doute ce manque de capacité d’écoute et d’entendement qui lui fit déplorer que :

« Si les musulmans et les chrétiens m’avaient prêté l’oreille, j’aurai certes levé” (la-rafatu) le différend qui les oppose et ils seraient devenus frères extérieurement et intérieurement. Mais ils n’ont pas prêté attention à mes paroles en raison de la Préscience divine qui a prévu qu’ils ne seraient pas réunis sur un avis unanime” (ra’y wâhid) et que seul le Messie, lors de sa redescente, lèverait” le différend qui les sépare ».

DEUX CRITERES

Pour Muhammad Vâlsan, il importe de relever que deux critères sont indispensables à la tenue d’un dialogue pacifique et vraiment fraternel, étant entendu que ceux qui s’y livrent soient animés de bonne volonté et d’intention droite. Le premier critère est que l’effort à fournir doit être le même pour tous.

L’Emir, estime encore Muhammad Vâlsan, ne demande en effet nullement que les chrétiens se rangent à l’opinion des musulmans mais que chacun fasse en sorte de parvenir au point de concordance. Ce point étant situé au plus haut niveau, le second critère est que le cheminement que cela exige ne doit pas être envisagé horizontalement mais verticalement, car c’est à partir d’une certaine hauteur de vue que, d’elle-même d’ailleurs, la concorde s’opère.

Muhammad Vâlsan précise :

« Les propos de l’Emir évoqués font en réalité écho à ce qui constitue le premier échange officiel ayant eu lieu entre l’Islam et le Christianisme. Il s’agit d’un appel divin que le Prophète transmit à l’Empereur Héraclius de Constantinople après la trêve de Hudaybiyah en l’an 8 de l’Hégire (628 apr. J.-C.).

Cet appel a été réutilisé par un groupe composé d’un grand nombre de dignitaires islamiques pour rétablir un dialogue constructif entre eux et leurs homologues chrétiens après la polémique née d’une citation, on s’en souvient, du Pape Benoît XVI.

Voici donc ce qu’y recommande Dieu :

« Dis : Ô Gens du Livre ! Elevez-vous” (ta‘âlaw) à une parole” (kalimah) “égale” (sawâ’) entre nous et vous : que nous n’adorions que Dieu, que nous ne Lui associons rien et que nous ne prenions pas certains d’entre nous comme seigneurs en dehors de Dieu ».

Si l’on veut être rigoureux, et mieux vaut l’être en pareille circonstance, il n’y a pas à chercher le point de convergence sur un plan horizontal et il convient de ne pas risquer d’induire le contraire en restreignant le sens de ta‘âlaw !” par une traduction telle que Venez !”.

"On observera, en l’occurrence, que le mot suivant kalimah qui signifie parole” est une désignation coranique de Jésus en tant que “Verbe divin” et que, d’une certaine façon, c’est à lui qu’aboutit l’élévation voulue, celle qu’invoquait au fond l’Emir.

"On remarquera d’ailleurs que c’est le même verbe rafa‘a (“élever”), utilisé pour dire que Dieu a “élevé” Jésus aux cieux, que reprend l’Emir dans son propos.

"Enfin, concernant le troisième terme sawâ’ (“égal”), soulignons que le recours aux égalités numériques grâce à l’entremise des lettres inhérentes aux langues sacrées, peut être considéré comme notre contribution, en une application particulière, à l’effort exigé pour constater et attester de l’Unité des vérités énoncées et articulées par les différentes langues de la Sagesse universelle." conclut Muhammad Vâlsan.

 

Bernard VADON

 

 

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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