A Marrakech : sous le prestigieux label Rochas, les jeunes couturières tirent leur aiguille du jeu de mode.

Publié le 10 Octobre 2017

Une magnifique introduction musicale et visuelle à la découverte du monde qui, au Maroc, fascina Saint Laurent

Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".
Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".
Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".
Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".
Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".
Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".
Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".
Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".
Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".
Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".
Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".
Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".

Du musée Yves Saint Laurent à la fondation Dar Bellarj (mythique hôpital des cigognes) créée par Suzanna Beidermann et Max Elioth en passant par Coco Chanel et Yves Saint Laurent, Sophie Rochas et Claudie Mourlon ont fait escale à la Maison Denise Masson, le temps de promouvoir "l'Atelier au Féminin".

 

 

« On ne vit que par le style : en vain on se révolte contre cette vérité. Le style, et il y en a de mille sortes, mais il ne s'apprend pas ; c'est le don du ciel, c'est le talent.” écrivait en 1848 François René de Chateaubriand dans les Mémoires d’Outre-tombe.

 

Il n’est que de remonter dans le temps consacré à la mode pour trouver les meilleurs exemples de cette manière de maxime.

Une sorte de feuille de route qui va bien au-delà du caractère de futilité qu’on serait tenté de lui attribuer.

Pour Coco Chanel, la mode n’est pas quelque chose qui existe uniquement dans les vêtements. La mode est dans l’air, portée par le vent. On la devine. La mode est dans le ciel. Dans la rue.

Une manière élégante, poétique de dire la chose, en l’occurrence la mode, comme elle est, et surtout comme on la ressent.

Une manière aussi d’expliquer et de commenter par la paraphrase.

Les exemples ne manquent pas.

 

La meilleure part

Alors même que la femme est au coeur de tous les beaux discours visant à une (parfois et trop souvent) vaine parité, c’est encore au genre masculin que revient la meilleure part du gâteau.

Sans pour autant mépriser la place légitime tenue par les tenants de la haute couture masculine.

En témoigne, dans l’ombre charismatique de Christian Dior qui lui donna quand même sa chance, la personne de l’incontestable grand et génial couturier Yves Saint Laurent qui, ce mois-ci particulièrement à Marrakech (qui l’inspira, ô combien) sera honoré au travers de l’inauguration – le 19 octobre 2017 - d’un musée portant son nom.

Un lieu (à deux pas du légendaire Jardin Majorelle présentant une surface impressionnante de 4000 m2 lequel regroupera, outre un espace de d’exposition permanente des œuvres du couturier dans une scénographie originale signée Christophe Martin, une salle d’exposition temporaire, un auditorium, une bibliothèque de recherche et un café restaurant.

 

Ce sera bien entendu l’occasion, ou jamais, de se souvenir que YSL comme on le surnomme aussi fut à l’origine du renouveau du « vestiaire » féminin dont, la remise au goût de l’instant, en 1962, du fameux caban et du trench-coat, de l’instauration, quatre années plus tard, du premier smoking pour la femme avant la renaissance de la saharienne et l’apparition, en 1967, dans les défilés de mode, du premier tailleur-pantalon, des premières transparences et, un an plus tard, de la première combinaison-pantalon.

Quel chemin parcouru me direz-vous !

 

Certes, si ce n’était – honneur aussi à la femme créatrice – que Coco Chanel, quelques années auparavant, révolutionnait déjà le petit monde de la mode en réinventant, elle aussi, la garde-robe féminine avec ses robes sans corsets, ses chapeaux sans fleurs, ses sacs matelassés, ses lignes épurées et en imposant les tons neutres, du noir au blanc en passant par le beige, les couleurs de l’abbaye dans lequel elle passa son adolescence.

Quant à sa fameuse « petite robe noire »,  qui naquit en 1926, elle produisit alors plus qu’un petit effet de … mode.

En fin de compte, l’un comme l’autre faisant fi de la mise en garde d’Anne Barratin, philanthrope et femme de lettres:

« Triste condition du talent : il doit plaire ! »

 

Avec cette nuance les concernant : qu’ils plurent  … et continuent tous deux de plaire !

 

Artisanat exemplaire

Mieux, ils n’ont eu de cesse de susciter, comment en douter, des vocations au sein même de ces communautés de femmes investies d’une culture ancestrale dans tout ce qui touche au monde du vestimentaire. Le Maroc, c’est aussi cela.

Un savoir-faire exceptionnel qui n’a pas échappé à Claudie Mourlon, styliste installée depuis prés de 15 ans en médina et qui s’est principalement attachée à mettre en valeur le travail de ces couturières de l’ombre bourrées de talent et qui avait tant séduit Saint Laurent et combien d’autres orfèvres en ce domaine au point de s’en inspirer.

Souvent sans mesure.

 

Claudie Mourlon, une styliste que j’avais, incidemment mais avec intérêt, rencontrée il y a quelques mois dans cette mythique médina de Marrakech où elle avait trouvé, m’avait alors confié, les conditions idéales pour nourrir une soif d’inspiration aussi riche qu’originale. Et cela, dans des créations inédites pour la confection desquelles elle avait justement tenu – pour certains modèles en tout cas -  à s’entourer du savoir-faire d’un groupe de couturières, tricoteuses et brodeuses formées, sous l’égide de la Fondation Dar Bellarj créée, il y a quelques années, par Susanna Biedermann et Max Alioth, dans le but d’assurer la continuité d’un artisanat marocain exigeant.

 

Qu’importe le flacon même s’il est admis que la mode est un éternel recommencement, c’est à nouveau le destin, on pourrait dire un singulier destin, qui a fait se rencontrer deux femmes – Sophie Rochas et Claudie Mourlon -  animées du désir commun de venir en aide aux femmes de la médina et de promouvoir un savoir-faire ancestral qui ne sous-estime pas pour autant la touche contemporaine qui sait aussi bénéficier d’une technique artisanale exploitée par la Haute-Couture.

 

La « dame » de Marrakech

C’est à Marrakech, ce dernier été, à l’occasion de la signature d’un livre dédié à la mémoire de Marcel Rochas – que l’on ne présente plus – écrit par Sophie Rochas, la propre fille  de celui qui trente années durant habilla et parfuma les plus belles et parfois célèbres femmes du monde, qu’eut lieu la rencontre improbable  de Sophie et de Claudie.

Et que dans la foulée de l’enthousiasme, si l’on peut dire, naquit la belle initiative de « L’Atelier au Féminin de Marrakech » qui sera, en quelque sorte et un peu officiellement, porté, les 14 et 15 octobre prochains, sur les fonts baptismaux de l’art  vestimentaire, dans le cadre de la Maison Denise Masson,  une femme d’exception – elle mourut en 1994 à l’âge de 93 ans - et un lieu acquis en 1938 et qui ne l’est pas moins

 

Surnommée la « dame de Marrakech », Denise Masson se distingua en qualité de femme par sa traduction du Coran, un ouvrage de référence édité dans la prestigieuse collection de La Pléiade. Publié sous le nom de D. Masson, futile et singulier interdit des docteurs de l’Islam envers la femme dans cet exercice pourtant admirablement réussi d’un « essai d’interprétation du Coran inimitable » (sic).

Au fond, une plaisante revanche de ce sympathique cartel féminin en son sens de défi sinon d’entente artistique. (1)

 

Hommage à YSL

Magie ou féérie, tous les termes sont appropriés pour qualifier ces moments de mémoire et cet appel à célébrer le beau sous toutes ses formes.

En leurs qualités, pour l’une, de présidente de la Fondation Sophie Rochas et pour l’autre, Claudie Mourlon, d’initiatrice de « l’Atelier au Féminin de Marrakech », l’objectif sera de rendre hommage au grand créateur et de mettre en exergue la richesse du travail des femmes de la médina :

« Faire connaître et reconnaître le travail de ces femmes, favoriser la création d’une association pouvant accueillir d’autres femmes, les aider, les guider et les soutenir dans leur développement. Etablir des passerelles permettant de soutenir d’autres associations du Maroc qui oeuvres également en ce domaine et enfin favoriser la création d’un marché afin que ces femmes puissent vivre de leur art et que leurs réalisations soient diffusées à l‘international. »  explique Claudie Mourlon.

A cet effet, six modèles exclusifs seront créés et exposés.  Tout comme des broderies et des perlages.(2)

Nul doute que d’aucuns pourront alors juger sur pièces.

 

 « La mode se démode. » affirmait Coco Chanel choisie comme pour clore cette plongée intéressante dans un monde inhabituel où l’art se plait à défier les siècles.

Mais elle ajoutait aussitôt, comme pour asseoir cette réalité quotidienne que représente la mode dans le quotidien :

« Le style, jamais ! » sous-entendu, lui, ne se démode jamais

 

De Rivarol pourrait avoir le mot de la fin en décrétant :

« Le style n’est rien mais rien n’est sans le style. »

 

 

Bernard VADON

 

     

 

(1) Denise Masson, une ancienne postulante à un ordre religieux catholique - et à qui on doit l’existence de l’orgue de l’Eglise des Saints Martyrs à Marrakech, qu’elle joua de nombreuses années - légua ce qu’aujourd’hui on nomme « La Maison Denise Masson », à la Fondation de France laissant à l’Institut Français le soin de gérer au mieux les intérêts de l’art sous toutes ses formes.

 

(2) Toujours grâce à l’Institut Français, un atelier éphémère sera installé de 11h à 17h dans le décor de la maison Denise Masson afin de permettre aux visiteurs de découvrir ces femmes artisanes à l’œuvre tout en dégustant des pâtisseries traditionnelles et du thé à la menthe.

Rédigé par Bernard Vadon

Publié dans #J - 2 - B ( Journal )

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